CoronaTour

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JLS78
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Re: CoronaTour

Message par JLS78 » 29 août 2020, 15:03

Jour 78 Arkhara, Andreï, Vladimir, Sergueï et les autres.
Journée de rencontres aujourd’hui. Parti tranquillement vers 9h ce matin après avoir posé pour la photo de la patronne de l’hôtel, je profite de la route. La météo nous avait promis de la pluie et j’avais même couvert Passepartout avec sa bâche. Mais pas du tout! Il fait grand bleu sur les 200 premiers kilomètres. De plus la route est en excellent état. Il n’y a même plus de nids de poules, ni de tronçons non revêtus. On se croirait en France. D’ailleurs le paysage a lui aussi changé pour de vastes étendues de prairies parsemées d’étangs. Par moment, sur ces routes toutes droites je me crois dans la Beauce. Je m’arrête pour voir de plus près une jolie petite chapelle bleue cernée par un monument militaire et un cimetière de plein air comme j’en ai vu déjà beaucoup. Les tombes y sont disposées entre les arbres d’une façon naturelle, sans ordre défini. Il en ressort une impression de sérénité que l’on ne retrouve pas chez nous dans nos cimetières bien fermés et réglés au cordeau.
C’est à l’arrêt déjeuner que je rencontre Andreï qui parle un peu d’anglais. Il vient de Krasnodar au bord de la mer noire. Il a déjà fait 8500 km sur sa Kawasaki et il se dirige vers Vladivostok. Il m’apprend qu’il enverra sa moto par le train pour le retour. Il l’a déjà fait et c’est facile. Un routier vient se mêler à la conversation. Lui vient du Baïkal. Nous nous séparons avec force saluts et poignées de main. Ici le virus semble très loin.
Je vais retrouver Andreï un peu plus loin. Il s’est arrêté devant un imposant monument construit en l’honneur de la route Moscou-Vladivostok. Il y à beaucoup de monde qui s’arrête ici. Tous se prennent en photo. L’endroit est connu, il symbolise cette route de plus de 9000 kilomètres. Deux bikers russes discutent avec Andreï. Il y Vladimir et sa KTM et Vassili avec sa femme et leur Honda. Ils me font un accueil chaleureux et colle sur Passepartout le badge de leur club. Vladimir est de Moscou. Il a envoyé sa moto par le transibérien à Vladivostok et il rentre par la route. Vassili est de Rostov-sur-le-Don il a fait de même. Ils me donnent des tas de contacts à Vladivostok pour organiser un transport de Passepartout par le train si je choisi cette solution. Je reste un moment devant ce monument car d’autres personnes m’interpellent et quelques unes parlent anglais. Notamment un cadre de Caterpillar qui déménage avec son fils de Novossibirsk à Khabarovsk par la route. Sacré Passepartout! Il se fait quand même sacrément remarquer.

Le temps à changé et le ciel commence à se couvrir. Plusieurs personnes me parlent d’une tempête à venir sur Vladivostok. Yuri m’avait déjà prévenu. Il va falloir suivre ça de plus près.
J’arrive finalement à Arkhara. Le bourg semble désert. Il y a peu à voir. Le wifi de l’hôtel ne fonctionne pas. Il commence à pleuvoir. Je me retire dans ma chambre.
Demain une longue étape m’attend (470 km) et la météo prévoit encore de la pluie.
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Marip
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Re: CoronaTour

Message par Marip » 29 août 2020, 18:21

JLS78 a écrit :
29 août 2020, 15:03
Jour 78 Arkhara, Andreï, Vladimir, Sergueï et les autres.
Journée de rencontres aujourd’hui. Parti tranquillement vers 9h ce matin après avoir posé pour la photo de la patronne de l’hôtel, je profite de la route. La météo nous avait promis de la pluie et j’avais même couvert Passepartout avec sa bâche. Mais pas du tout! Il fait grand bleu sur les 200 premiers kilomètres. De plus la route est en excellent état. Il n’y a même plus de nids de poules, ni de tronçons non revêtus. On se croirait en France. D’ailleurs le paysage a lui aussi changé pour de vastes étendues de prairies parsemées d’étangs. Par moment, sur ces routes toutes droites je me crois dans la Beauce. Je m’arrête pour voir de plus près une jolie petite chapelle bleue cernée par un monument militaire et un cimetière de plein air comme j’en ai vu déjà beaucoup. Les tombes y sont disposées entre les arbres d’une façon naturelle, sans ordre défini. Il en ressort une impression de sérénité que l’on ne retrouve pas chez nous dans nos cimetières bien fermés et réglés au cordeau.
C’est à l’arrêt déjeuner que je rencontre Andreï qui parle un peu d’anglais. Il vient de Krasnodar au bord de la mer noire. Il a déjà fait 8500 km sur sa Kawasaki et il se dirige vers Vladivostok. Il m’apprend qu’il enverra sa moto par le train pour le retour. Il l’a déjà fait et c’est facile. Un routier vient se mêler à la conversation. Lui vient du Baïkal. Nous nous séparons avec force saluts et poignées de main. Ici le virus semble très loin.
Je vais retrouver Andreï un peu plus loin. Il s’est arrêté devant un imposant monument construit en l’honneur de la route Moscou-Vladivostok. Il y à beaucoup de monde qui s’arrête ici. Tous se prennent en photo. L’endroit est connu, il symbolise cette route de plus de 9000 kilomètres. Deux bikers russes discutent avec Andreï. Il y Vladimir et sa KTM et Vassili avec sa femme et leur Honda. Ils me font un accueil chaleureux et colle sur Passepartout le badge de leur club. Vladimir est de Moscou. Il a envoyé sa moto par le transibérien à Vladivostok et il rentre par la route. Vassili est de Rostov-sur-le-Don il a fait de même. Ils me donnent des tas de contacts à Vladivostok pour organiser un transport de Passepartout par le train si je choisi cette solution. Je reste un moment devant ce monument car d’autres personnes m’interpellent et quelques unes parlent anglais. Notamment un cadre de Caterpillar qui déménage avec son fils de Novossibirsk à Khabarovsk par la route. Sacré Passepartout! Il se fait quand même sacrément remarquer.

Le temps à changé et le ciel commence à se couvrir. Plusieurs personnes me parlent d’une tempête à venir sur Vladivostok. Yuri m’avait déjà prévenu. Il va falloir suivre ça de plus près.
J’arrive finalement à Arkhara. Le bourg semble désert. Il y a peu à voir. Le wifi de l’hôtel ne fonctionne pas. Il commence à pleuvoir. Je me retire dans ma chambre.
Demain une longue étape m’attend (470 km) et la météo prévoit encore de la pluie.
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Ça a l'air si simple quand on te lit, les évènements s'enchaînent et la route se poursuit dans une tranquillité impressionnante; Ça tient sans doute au calme et à la confiance que tu manifestes. Bravo, belle leçon d'"abandon" ! En plus c'est magnifique, merci
c'est pas parcequ'ils disent tous la même chose qu'ils ont raison

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Re: CoronaTour

Message par le riri » 31 août 2020, 09:32

quelle merveilleuse poésie tu nous offre à chaque fois...si aprés ça tu ne fais pas de disciple qui n'aura qu'une envie, c'est de suivre la route que tu nous ouvres, c'est à désespérer de l'humanité !!!

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Re: CoronaTour

Message par JLS78 » 31 août 2020, 11:46

Merci amis pour vos commentaires. Il sont le fil qui me relie à ma terre.
Bises à tous.

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Re: CoronaTour

Message par Est-Motorcycles » 31 août 2020, 17:03

Marip a écrit :
29 août 2020, 18:21
...

Ça a l'air si simple quand on te lit, les évènements s'enchaînent et la route se poursuit dans une tranquillité impressionnante; Ça tient sans doute au calme et à la confiance que tu manifestes. Bravo, belle leçon d'"abandon" ! En plus c'est magnifique, merci
Oui, et c'est sans aucun doute la réalité du terrain, ce calme, c'est aussi un état constaté lors de nombreux voyages là-bas, qui entre en opposition complète avec ce qu'on nous en dit de la Russie en France.
Le récit de Omar retrace une réalité très exacte et cela fait plaisir. Le pays incite à la confiance, on sent comme une grosse Babouchka qui veille sur nous comme une sorte de mère qui n'est pas pesante - enfin c'est ce que je ressens à chaque fois que je vais là-bas.
Merci aussi d'aller "visiter" les morts, les cimetières sont profondément touchants et ils sont bien comme là.
J'espère bien que ce récit fera des émules car il faut aller en Russie c'est certain, goûter à cette immensité magique.
C'est formidable.
http://www.est-motorcycles.fr/
Une petite vie de concessionnaire URAL en Auvergne.
Est-Motorcycles : affineurs d'Urals et pourvoyeur d'aventure. Inventeur.
La dictature, fut-elle "sanitaire", n'en est pas moins une dictature de plus.
A 71 ans, je dois présenter à tout flic qui m'interpelle comme un chien un mot lui présentant mon heure de sortie. Au secours !

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Re: CoronaTour

Message par JLS78 » 01 sept. 2020, 11:49

ur 79 Khabarovsk, pluie, boue et Amour.
Il a plu toute la nuit comme prévu. Quand je repars d’Arkhara, il pleut encore et cette pluie va m’accompagner jusqu’à Khabarovsk à 460 km de là. C’est une pluie fine qui se renforce par intermittence mais rien de bien méchant. Mon équipement de base tient le coup sans que j’ai à sortir la combinaison étanche.
La route s’est fortement dégradée et de long tronçons sont en travaux, ils ont perdu leur bitume et la pluie les a transformés en pistes de boue. Le problème c’est que les nids de poules étant remplis d’eau, on ne peut en apprécier la profondeur et comme ils sont trop nombreux pour les éviter tous, je dois conduire lentement pour préserver Passepartout. Du coup de gros 4x4 me doublent en nous couvrant de boue de la tête aux pieds pour moi et du guidon aux pneus pour Passepartout.
Notre arrivée sur l’aire de service ne passe pas inaperçu mais j’y gagne la sympathie de tout le monde. Photos, brèves discussions et déjeuner vite servi par une charmante dame qui me lance de grands sourires et des « bon appétit » en français. J’ai beau voyager sur cette route depuis un bon mois, je ne cesse de m’étonner de l’accueil chaleureux des russe à mon égard. Pas une fois, je n’ai senti de l’hostilité. Beaucoup m’avait mis en garde avant ce voyage. Peut-être ai-je de la chance, peut-être suis-je au bon moment au bon endroit, je n’en sais rien mais je savoure cela et j’en suis gré à je ne sais quel gardien qui me tient au milieu de ce chemin de vie, de cette route de l’immensité.
L’arrivée à Khabarovsk se fait par un imposant pont sur l’Amour. J’ai longé ce fleuve de puis des centaines de kilomètres sans le voir. Il est là à présent, large, majestueux d’un gris métallique brillant sous le ciel de pluie. Je l’enjambe, après un passage obligé au « car wash » du coin sui s’appelle Sasha. Je rentre dans la ville. Tout de suite, j’apprécie. Elle est belle, avec ses rues en pente et ses petites maisons colorées, elle me fait penser à San-Francisco. J’arrive tard et j’ai repris encore une heure de décalage, cela fait 8 heures de différence avec Paris. Du coup il est 20 heures. J’hésite à sortir faire un tour, la journée a été bien remplie. Finalement je pars pour un petit tour de pâté de maison. Je vais me faire happé par cette ville jeune et bouillonnante. J’ira jusqu’au belvédère sur l’Amour. Je croiserai monuments et églises.
Demain, j’ai pris la journée pour faire plus ample connaissance avec la belle Khabarovsk.
Entre elle et moi il y a déjà l’Amour.
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Re: CoronaTour

Message par Cathy » 01 sept. 2020, 18:31

JLS78 a écrit :
01 sept. 2020, 11:49
ur 79 Khabarovsk, pluie, boue et Amour.
Il a plu toute la nuit comme prévu. Quand je repars d’Arkhara, il pleut encore et cette pluie va m’accompagner jusqu’à Khabarovsk à 460 km de là. C’est une pluie fine qui se renforce par intermittence mais rien de bien méchant. Mon équipement de base tient le coup sans que j’ai à sortir la combinaison étanche.
La route s’est fortement dégradée et de long tronçons sont en travaux, ils ont perdu leur bitume et la pluie les a transformés en pistes de boue. Le problème c’est que les nids de poules étant remplis d’eau, on ne peut en apprécier la profondeur et comme ils sont trop nombreux pour les éviter tous, je dois conduire lentement pour préserver Passepartout. Du coup de gros 4x4 me doublent en nous couvrant de boue de la tête aux pieds pour moi et du guidon aux pneus pour Passepartout.
Notre arrivée sur l’aire de service ne passe pas inaperçu mais j’y gagne la sympathie de tout le monde. Photos, brèves discussions et déjeuner vite servi par une charmante dame qui me lance de grands sourires et des « bon appétit » en français. J’ai beau voyager sur cette route depuis un bon mois, je ne cesse de m’étonner de l’accueil chaleureux des russe à mon égard. Pas une fois, je n’ai senti de l’hostilité. Beaucoup m’avait mis en garde avant ce voyage. Peut-être ai-je de la chance, peut-être suis-je au bon moment au bon endroit, je n’en sais rien mais je savoure cela et j’en suis gré à je ne sais quel gardien qui me tient au milieu de ce chemin de vie, de cette route de l’immensité.
L’arrivée à Khabarovsk se fait par un imposant pont sur l’Amour. J’ai longé ce fleuve de puis des centaines de kilomètres sans le voir. Il est là à présent, large, majestueux d’un gris métallique brillant sous le ciel de pluie. Je l’enjambe, après un passage obligé au « car wash » du coin sui s’appelle Sasha. Je rentre dans la ville. Tout de suite, j’apprécie. Elle est belle, avec ses rues en pente et ses petites maisons colorées, elle me fait penser à San-Francisco. J’arrive tard et j’ai repris encore une heure de décalage, cela fait 8 heures de différence avec Paris. Du coup il est 20 heures. J’hésite à sortir faire un tour, la journée a été bien remplie. Finalement je pars pour un petit tour de pâté de maison. Je vais me faire happé par cette ville jeune et bouillonnante. J’ira jusqu’au belvédère sur l’Amour. Je croiserai monuments et églises.
Demain, j’ai pris la journée pour faire plus ample connaissance avec la belle Khabarovsk.
Entre elle et moi il y a déjà l’Amour.
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Merci pour ce magnifique reportage qui nous fait découvrir ce fleuve mythique !!!

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Re: CoronaTour

Message par Lucdus » 01 sept. 2020, 22:33

ton side est magnifique plein de boue :-)

ne sois pas étonné de l'amabilité des personnes rencontrées, tu dois générer des signes sympathiques qui attirent, bonne bouille, esprit ouvert ... ils craquent ... (en plus de l'hospitalité légendaire) bonne route et merci de tes récits
Delphine Retro EFI 2014 - 16.000 kms - E.M Assembled- Un gland en Uralogie mais je me soigne :-)

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Re: CoronaTour

Message par Est-Motorcycles » 01 sept. 2020, 22:43

Cathy a écrit :
01 sept. 2020, 18:31
...

Merci pour ce magnifique reportage qui nous fait découvrir ce fleuve mythique !!!
+1 c'est plus que vrai.
Lors du nettoyage, essaie de ne rien débrancher du circuit d'injection, aucune prise : il vaut mieux attendre que cela sèche et de nettoyer au pinceau sec les points sensibles (prises, corps d'injection, extérieurs d'injecteurs etc...), comme pour dépoussiérer.
Surtout pas de Karcher sur aucune connection ni dans la zone des corps d'injection et des connectiques...
Ta fidélité dans le fait que tu racontes ta route est ce qui me touche le plus...

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La dictature, fut-elle "sanitaire", n'en est pas moins une dictature de plus.
A 71 ans, je dois présenter à tout flic qui m'interpelle comme un chien un mot lui présentant mon heure de sortie. Au secours !

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Re: CoronaTour

Message par JLS78 » 02 sept. 2020, 13:51

Jour 82. Vladivostok, j’y suis!
Parti très tôt ce matin, trop excité pour dormir. Je vais vite trouver la pluie sur la M60. D’abord toute fine, elle devient plus soutenue â l’arrivée. C’est sous un vrai déluge que je rentre dans Vladivostok par un très long pont qui relie la presqu’île au continent.
Vladivostok! Il y a des noms comme celui-ci qui sont des rêves par eux-mêmes. Joseph Kessel y avait effectué une mission en 1919. Il en fut marqué à jamais et cette ville devint le décor de plusieurs de ses romans.
Vladivostok, j’y suis donc au terme d’un voyage de 16,000 km sur un sidecar russe. 2 mois et 20 jours en pleine pandémie j’ai, avec beaucoup de chance, traversé des frontières fermées. Grâce au courage de Passepartout nous avons avancé chaque jour jusqu’au bout de l’étape.
On m’avait parlé de risques, de danger, d’incompréhension, je n’ai trouvé que de l’hospitalité, de la générosité et une immense sympathie tout au long de la route. Tous ceux que j’ai croisé me sont venu en aide ne serait-ce que par leurs encouragements. Familles, bikers, routiers, pompistes, serveuses, garde-frontières. Et que dire de Artem, Sasha, Andrey, Sergueï et tous les autres. Si j’ai eu un ennemi le long de la route, ça a été peut-être moi-même mais surement pas les autres.
Non cela n’a pas été difficile, bien au contraire!
Comme je fête cela au restaurant « Gusto » (oui, comme dans Ratatouille!) je me mets déjà à penser à l’après. J’ai pu voir Yuri en fin de soirée. Il est très connu des voyageurs. Il s’occupe de shipping. Il me fait grande impression, vif, déterminé et très professionnel. Pourtant je distingue une tristesse. La crise du COVID a durement touché sa société depuis mars. Comme d’autre, il me dit que je suis le premier étranger qu’il croise depuis mars. Il semble douter que les voyageurs reviennent un jour. Il veut jeter l’éponge. Déconne pas Yuri, il y a toujours eu des voyageurs, il y en aura toujours. Depuis qu’homo sapiens a quitté le grand rift d’Afrique de l’est pour explorer le monde, ça ne s’est jamais arrêté alors c’est pas un virus couronné ou pas qui va changer cela. Tiens bon, ils vont revenir tes allemands en BMW ou tes américains en Harley.
Yuri se reprend, il va m’envoyer demain les détails d’un shipping sur Rotterdam.

Je suis heureux d’être arrivé là mais une frustration monte en moi. La route vers l’est est fermée de toute part. Il n’y a pas de solution viable pour poursuivre, je vais devoir rentrer et attendre l’opportunité de reprendre mon voyage. Je sais que je dois aller jusqu’au bout et cette pause ne m’enchante guère.
Demain Vladivostok attend une tempête avec des vents de plus de 100km/h. A l’abris dans ma chambre d’hôtel, j’aurais tout le temps d’y réfléchir.
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Re: CoronaTour

Message par Est-Motorcycles » 02 sept. 2020, 15:57

JLS78 a écrit :
02 sept. 2020, 13:51
Jour 82. Vladivostok, j’y suis!
Parti très tôt ce matin, trop excité pour dormir. Je vais vite trouver la pluie sur la M60. D’abord toute fine, elle devient plus soutenue â l’arrivée. C’est sous un vrai déluge que je rentre dans Vladivostok par un très long pont qui relie la presqu’île au continent.
Vladivostok! Il y a des noms comme celui-ci qui sont des rêves par eux-mêmes. Joseph Kessel y avait effectué une mission en 1919. Il en fut marqué à jamais et cette ville devint le décor de plusieurs de ses romans.
Vladivostok, j’y suis donc au terme d’un voyage de 16,000 km sur un sidecar russe. 2 mois et 20 jours en pleine pandémie j’ai, avec beaucoup de chance, traversé des frontières fermées. Grâce au courage de Passepartout nous avons avancé chaque jour jusqu’au bout de l’étape.
On m’avait parlé de risques, de danger, d’incompréhension, je n’ai trouvé que de l’hospitalité, de la générosité et une immense sympathie tout au long de la route. Tous ceux que j’ai croisé me sont venu en aide ne serait-ce que par leurs encouragements. Familles, bikers, routiers, pompistes, serveuses, garde-frontières. Et que dire de Artem, Sasha, Andrey, Sergueï et tous les autres. Si j’ai eu un ennemi le long de la route, ça a été peut-être moi-même mais surement pas les autres.
Non cela n’a pas été difficile, bien au contraire!
Comme je fête cela au restaurant « Gusto » (oui, comme dans Ratatouille!) je me mets déjà à penser à l’après. J’ai pu voir Yuri en fin de soirée. Il est très connu des voyageurs. Il s’occupe de shipping. Il me fait grande impression, vif, déterminé et très professionnel. Pourtant je distingue une tristesse. La crise du COVID a durement touché sa société depuis mars. Comme d’autre, il me dit que je suis le premier étranger qu’il croise depuis mars. Il semble douter que les voyageurs reviennent un jour. Il veut jeter l’éponge. Déconne pas Yuri, il y a toujours eu des voyageurs, il y en aura toujours. Depuis qu’homo sapiens a quitté le grand rift d’Afrique de l’est pour explorer le monde, ça ne s’est jamais arrêté alors c’est pas un virus couronné ou pas qui va changer cela. Tiens bon, ils vont revenir tes allemands en BMW ou tes américains en Harley.
Yuri se reprend, il va m’envoyer demain les détails d’un shipping sur Rotterdam.

Je suis heureux d’être arrivé là mais une frustration monte en moi. La route vers l’est est fermée de toute part. Il n’y a pas de solution viable pour poursuivre, je vais devoir rentrer et attendre l’opportunité de reprendre mon voyage. Je sais que je dois aller jusqu’au bout et cette pause ne m’enchante guère.
Demain Vladivostok attend une tempête avec des vents de plus de 100km/h. A l’abris dans ma chambre d’hôtel, j’aurais tout le temps d’y réfléchir.
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BRAVO !



Félicitations à toi et à Passepartout. Tu as réussi à vivre un de mes rêves que je n'ai pas encore abandonné. Notre suisse Charles a aussi réussi.
Ne sois pas triste, ce que tu as réalisé est ta vie de ce moment, c'est déjà beaucoup dans les difficultés mondiales actuelles : vois, j'ai trouvé les frontières russes fermées à un mois près...Tu as de la chance et tu as su la saisir.
Le "retour" pour cette sorte de pause sera aussi une aventure qui réservera bien des surprises aussi.
Avec tout ce que tu as vécu dans cette Grande Russie, avec toutes ces images qui sont en toi, pour toi ce merveilleux hymne que tu vas ressentir très profondément :


https://youtu.be/xWJLycOIbmA


Je te suis reconnaissant pour Ural et te salue fièrement. Je te suis aussi reconnaissant pour montrer notre Grande Russie telle qu'elle est dans son éternelle beauté et sa générosité.
Cette image pour accompagner ton retour, in Murmansk 2018 :

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PS Comment va ton dos ?
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le louis
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Re: CoronaTour

Message par le louis » 02 sept. 2020, 20:11

Chapeau bas Jean Louis.

Tu repartiras encore plus affuté c'est tout! Les kms n'ont qu'à bien se tenir...

FRITZ
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Re: CoronaTour

Message par FRITZ » 03 sept. 2020, 10:59

Merci et bravo pour ce voyage. Le retour en Transibérien jusqu'à Moscou n'aurait pas été plus simple et plus rapide en gardant la moto avec toi ? Sinon quel délai et quel prix pour le rapatriement du side ?
Encore merci pour ton récit et les superbes photos...
Bon vent

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Re: CoronaTour

Message par JLS78 » 03 sept. 2020, 11:26

D’abord merci. Je vous l’ai déjà dit mais vos commentaires sont des pétales de fleurs qui marquent ma route. Ces mots, ces liens sont nos vrais pilules de courage.
Je te répondrai bientôt Fritz. Je suis en train de peser et soupeser les alternatives qui s’offrent à moi.
Il ne me faut pas oublier que j’ai infiniment de chance car il m’en ait offert plusieurs et que mon seul « problème » est de choisir. La vrai aventure serait probablement de n’avoir rien d’autre que l’espoir d’être dans la bonne main du destin.
Ce n’est pas le cas, alors je profite de ce bonheur de voyage comme un enfant gâté.

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Re: CoronaTour

Message par Est-Motorcycles » 03 sept. 2020, 15:51

JLS78 a écrit :
03 sept. 2020, 11:26
D’abord merci. Je vous l’ai déjà dit mais vos commentaires sont des pétales de fleurs qui marquent ma route. Ces mots, ces liens sont nos vrais pilules de courage.
Je te répondrai bientôt Fritz. Je suis en train de peser et soupeser les alternatives qui s’offrent à moi.
Il ne me faut pas oublier que j’ai infiniment de chance car il m’en ait offert plusieurs et que mon seul « problème » est de choisir. La vrai aventure serait probablement de n’avoir rien d’autre que l’espoir d’être dans la bonne main du destin.
Ce n’est pas le cas, alors je profite de ce bonheur de voyage comme un enfant gâté.

froid sombre et triste dans l’âme
comment puis-je savoir que tu meurs
adieu rivage de la patrie
qu’il est dur de penser que ce n’est pas un songe
mère patrie
adieu patrie
en marche, en marche
la vague marine nous attend, impatiente
la mer lointaine nous appelle
et le ressac
salut à nos pères et à nos aïeux
ce qu’il nous ont légué est toujours vrai
maintenant rien ne s'oppose à la marche victorieuse de notre pays
et toi vogue, vogue sans crainte
fierté des mers du nord
espoir de la révolution
toi qui cristallise la foi de tous les peuples
en octobre, en octobre nous annoncerons nos victoires
en octobre, en octobre nos aïeux nous ont donné un monde nouveau...


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A 71 ans, je dois présenter à tout flic qui m'interpelle comme un chien un mot lui présentant mon heure de sortie. Au secours !

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