pvdm100358 : dans les pas des grands baroudeurs

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pvdm100358
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Voyage été 2018

Message par pvdm100358 » 28 juil. 2018, 19:56

Le 16 juillet dernier, les trois vidanges – moteur/boîte/pont – de mon side faites, jeux aux soupapes réglés, équipé d’un cadran « t° d’huile », d’un autre « voltmètre », et, enfin, d’un compte-tours, chaussé de trois pneus Heidenau K47 neufs, affublé de deux phares longue portée et de leurs jumeaux en anti-brouillard, chargé du matériel de camping, du bagage, des équipements « pluies », je me suis mis en route pour un voyage devant me mener du centre de la Belgique au sud-ouest de la France, puis longeant le golfe de Gascogne, au cap Finisterre.
De là, cap sur la côte andalouse, entre Malaga et Marbella – Mijas, pour être plus précis – en passant par le Portugal. 3.225 km, à peu près.
Le temps était déjà au beau, et si je mis la veste en coton huilée, c’est habillé d’un jeans et de chaussures de marche aérées que je suis parti à 08h du matin.
Direction La Louvière -> Vervins-> Sissonne-> Fismes-> Montmirail-> Bray-sur-Seine->Villeneuve-les-Genêts-> Cosne-sur–Loire ; en rive du fleuve, les pieds dans l’eau, un magnifique prieuré devenu maison d’hôtes nous abrita, ma monture et moi, pour cette première nuit d’étape.
La route, qu’en dire ? Ben, pas grand-chose de particulier ; elle ne présente pas grand intérêt. Seule ma machine put me fendre d’un long, long sourire ! Qu’elle ronronne bien !
La chaleur toute relative encore, 25-26°, ne pose de soucis ni à la machine, ni à son pilote.
Un peu chérot l’adresse, mais combien charmante ! Je comptais bien me rattraper question budget par la suite ; la promesse fut tenue comme on le verra plus loin.
Si l’on veut y dîner, il faut prévenir …trois jours à l’avance ! Direction le bourg pour m’entendre dire que les trois restau’s convenables ferment trois jours par semaine, même en plein congés !!?, et me rabattre sur l’ « italien » du coin où j’aurais dû me satisfaire d’une pizza faite maison, plutôt que de me risquer au « pavé de brochet », sauce champagne avec légumes chauds… la sauce eut comme objet de masquer l’absence de goût dudit brochet surgelé/trop cuit, et les légumes chauds se résumèrent à des haricots sortis de leur boîte de conserve. Mauvaise pioche, en l’occurrence.
L’hôte obtint lorsqu’il s’y installa que les cloches de l’église attenante à son prieuré, s’endormissent entre 22 et 7h ; quelle bonne idée !
Après un petit-déj bien en accord avec le lieu magnifique, le niveau d’huile vérifié – pas une goutte ne manque ! – sous un soleil déjà radieux, je pris la route pour une étape devant me mener jusqu’à Arvigna, située à 10 km de Pamier ; m’y attendent une merveilleuse ex-belle-sœur et son mari. Ils y tiennent quelques chevaux, trois chiens et trois chats, sur quelques hectares – leur paradis - se partageant entre prairies et bois.
Cette fois, il fait chaud ; le thermomètre tutoie les 32-34°, mais tant que je peux rouler à 60-90 km/h, la température d’huile oscille entre 80 et 90°. Moi, je sue et finis par rouler en chemise.
La route sinue déjà mieux, les paysages varient, les villages rivalisent de charme ; la France, quoi !
Au terme de ces premiers 1.235 km, je rajoute 150 cc d’huile, mon totaliseur journalier se refuse à toute remise à zéro, l’éclairage compteur...clignote, légère – mais, agaçante ! – perte d’huile que je situe soit au joint de bouchon de remplissage moteur, soit au joint bloc/guide de soupape d’admission ; pour le reste, la machine gravit les côtes avec aisance, se permet des dépassements de camions sans coup férir, attirent regards et badauds lors des arrêts.
J’ai la banane et c’est en évitant de justesse l’orage qui noircit le proche horizon que j’arrive à ma deuxième étape.
J’y resterai deux jours ; petite lessive – ben, oui, quand on n’emporte qu’un jeans, deux cales-butte et deux t-shirt ! – randonnée pédestre dans les montagnes du coin, pique-nique sous les frondaisons au bord de la rivière, chiens qui pataugent et ramènent infatigablement les bâtons lancés… loin !, bbq du soir avec des passionnés de chevaux… . Le farniente !
Le 19, les choses sérieuses commencent avec le passage des Pyrénées, sous un soleil qui s’annonce de plomb !
Je n’ai plus de programme pré-établi, je m’arrêterai au gré de mes envies, en fonction de la manière dont ma machine encaisse les conditions de route. Je passe la frontière à Ancizan, il fait jusqu’à 38 degrés… .
Les cols aux virages serrés contraignant la vitesse sous les 50km/h commandent de trouver un équilibre fin, tours moteur/vitesse relative du flux d’air chargé d’arracher les calories ! Grosso modo, en 3e à 3.000 T, soit environ 35-40km/h, la température reste sous les 100°.
Une seule fois, en traversant un village où des voitures « s’amusaient » à rouler – est-ce encore rouler ??! – sous les 30 km/h, la température est montée jusqu’à 104°. Mais, dès que je pus à nouveau circuler à 40-50 km/h, l’aiguille revint flirter sous les 100°.
Parzan -> Aïnsa -> Sabinainjo -> Embalse de Yesa -> Ruesta -> Unduès-Pintano, splendide minuscule village haut perché, avec une vue portant loin sur la plaine du Rio Regal ; les ruelles y sont si étroites, si abruptes que le side s’y glisse tout juste et c’est en première que j’arrive au pied de l’hostal…las, aucune des cinq chambres n’est libre. Il me faut poursuivre ; je suis un peu cuit, faut dire.
Je trouverai gîte un peu loin sur le chemin menant à Sos Del Rey Catolico, à Urries.
Café..restau, des languettes de couleur à la porte, des gosses jouent, quelques tables et chaises garnissent l’alentour ; je m’arrête pour boire un coup bien frais et demander où je peux trouver à loger.
Je ne parle que très peu d’espagnol, elle le parle – bien, vite ! – ne comprend l’anglais, ni le français, mais le langage des signes, les quelques mots en commun me mènent à l’étage dans une chambre qui a tout ce qu’il me faut, à savoir lit-douche-wc, m’offrent un dîner, à boire un superbe vin blanc et un petit-déj le lendemain matin, pour la somme de… 21€, tout compris !
Et comme je voudrais repartir avant 9h, elle me laisse la machine à café, le pain sous cellophane et…la clé pour fermer derrière moi au matin !
Charmante, pas compliquée, accueillante, bonne cuisinière ! Bon, mariée aussi ; dommage… . Une adresse à retenir.
Le 20, je ferai escale à Avilès, dans les Asturies.
A suivre…

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Re: Voyage été 2018

Message par Est-Motorcycles » 28 juil. 2018, 22:50

pvdm100358 a écrit :
28 juil. 2018, 19:56
Le 16 juillet dernier, les trois vidanges – moteur/boîte/pont – de mon side faites, jeux aux soupapes réglés, équipé d’un cadran « t° d’huile », d’un autre « voltmètre », et, enfin, d’un compte-tours, chaussé de trois pneus Heidenau K47 neufs, affublé de deux phares longue portée et de leurs jumeaux en anti-brouillard, chargé du matériel de camping, du bagage, des équipements « pluies », je me suis mis en route pour un voyage devant me mener du centre de la Belgique au sud-ouest de la France, puis longeant le golfe de Gascogne, au cap Finisterre.
De là, cap sur la côte andalouse, entre Malaga et Marbella – Mijas, pour être plus précis – en passant par le Portugal. 3.225 km, à peu près.
Le temps était déjà au beau, et si je mis la veste en coton huilée, c’est habillé d’un jeans et de chaussures de marche aérées que je suis parti à 08h du matin.
Direction La Louvière -> Vervins-> Sissonne-> Fismes-> Montmirail-> Bray-sur-Seine->Villeneuve-les-Genêts-> Cosne-sur–Loire ; en rive du fleuve, les pieds dans l’eau, un magnifique prieuré devenu maison d’hôtes nous abrita, ma monture et moi, pour cette première nuit d’étape.
La route, qu’en dire ? Ben, pas grand-chose de particulier ; elle ne présente pas grand intérêt. Seule ma machine put me fendre d’un long, long sourire ! Qu’elle ronronne bien !
La chaleur toute relative encore, 25-26°, ne pose de soucis ni à la machine, ni à son pilote.
Un peu chérot l’adresse, mais combien charmante ! Je comptais bien me rattraper question budget par la suite ; la promesse fut tenue comme on le verra plus loin.
Si l’on veut y dîner, il faut prévenir …trois jours à l’avance ! Direction le bourg pour m’entendre dire que les trois restau’s convenables ferment trois jours par semaine, même en plein congés !!?, et me rabattre sur l’ « italien » du coin où j’aurais dû me satisfaire d’une pizza faite maison, plutôt que de me risquer au « pavé de brochet », sauce champagne avec légumes chauds… la sauce eut comme objet de masquer l’absence de goût dudit brochet surgelé/trop cuit, et les légumes chauds se résumèrent à des haricots sortis de leur boîte de conserve. Mauvaise pioche, en l’occurrence.
L’hôte obtint lorsqu’il s’y installa que les cloches de l’église attenante à son prieuré, s’endormissent entre 22 et 7h ; quelle bonne idée !
Après un petit-déj bien en accord avec le lieu magnifique, le niveau d’huile vérifié – pas une goutte ne manque ! – sous un soleil déjà radieux, je pris la route pour une étape devant me mener jusqu’à Arvigna, située à 10 km de Pamier ; m’y attendent une merveilleuse ex-belle-sœur et son mari. Ils y tiennent quelques chevaux, trois chiens et trois chats, sur quelques hectares – leur paradis - se partageant entre prairies et bois.
Cette fois, il fait chaud ; le thermomètre tutoie les 32-34°, mais tant que je peux rouler à 60-90 km/h, la température d’huile oscille entre 80 et 90°. Moi, je sue et finis par rouler en chemise.
La route sinue déjà mieux, les paysages varient, les villages rivalisent de charme ; la France, quoi !
Au terme de ces premiers 1.235 km, je rajoute 150 cc d’huile, mon totaliseur journalier se refuse à toute remise à zéro, l’éclairage compteur...clignote, légère – mais, agaçante ! – perte d’huile que je situe soit au joint de bouchon de remplissage moteur, soit au joint bloc/guide de soupape d’admission ; pour le reste, la machine gravit les côtes avec aisance, se permet des dépassements de camions sans coup férir, attirent regards et badauds lors des arrêts.
J’ai la banane et c’est en évitant de justesse l’orage qui noircit le proche horizon que j’arrive à ma deuxième étape.
J’y resterai deux jours ; petite lessive – ben, oui, quand on n’emporte qu’un jeans, deux cales-butte et deux t-shirt ! – randonnée pédestre dans les montagnes du coin, pique-nique sous les frondaisons au bord de la rivière, chiens qui pataugent et ramènent infatigablement les bâtons lancés… loin !, bbq du soir avec des passionnés de chevaux… . Le farniente !
Le 19, les choses sérieuses commencent avec le passage des Pyrénées, sous un soleil qui s’annonce de plomb !
Je n’ai plus de programme pré-établi, je m’arrêterai au gré de mes envies, en fonction de la manière dont ma machine encaisse les conditions de route. Je passe la frontière à Ancizan, il fait jusqu’à 38 degrés… .
Les cols aux virages serrés contraignant la vitesse sous les 50km/h commandent de trouver un équilibre fin, tours moteur/vitesse relative du flux d’air chargé d’arracher les calories ! Grosso modo, en 3e à 3.000 T, soit environ 35-40km/h, la température reste sous les 100°.
Une seule fois, en traversant un village où des voitures « s’amusaient » à rouler – est-ce encore rouler ??! – sous les 30 km/h, la température est montée jusqu’à 104°. Mais, dès que je pus à nouveau circuler à 40-50 km/h, l’aiguille revint flirter sous les 100°.
Parzan -> Aïnsa -> Sabinainjo -> Embalse de Yesa -> Ruesta -> Unduès-Pintano, splendide minuscule village haut perché, avec une vue portant loin sur la plaine du Rio Regal ; les ruelles y sont si étroites, si abruptes que le side s’y glisse tout juste et c’est en première que j’arrive au pied de l’hostal…las, aucune des cinq chambres n’est libre. Il me faut poursuivre ; je suis un peu cuit, faut dire.
Je trouverai gîte un peu loin sur le chemin menant à Sos Del Rey Catolico, à Urries.
Café..restau, des languettes de couleur à la porte, des gosses jouent, quelques tables et chaises garnissent l’alentour ; je m’arrête pour boire un coup bien frais et demander où je peux trouver à loger.
Je ne parle que très peu d’espagnol, elle le parle – bien, vite ! – ne comprend l’anglais, ni le français, mais le langage des signes, les quelques mots en commun me mènent à l’étage dans une chambre qui a tout ce qu’il me faut, à savoir lit-douche-wc, m’offrent un dîner, à boire un superbe vin blanc et un petit-déj le lendemain matin, pour la somme de… 21€, tout compris !
Et comme je voudrais repartir avant 9h, elle me laisse la machine à café, le pain sous cellophane et…la clé pour fermer derrière moi au matin !
Charmante, pas compliquée, accueillante, bonne cuisinière ! Bon, mariée aussi ; dommage… . Une adresse à retenir.
Le 20, je ferai escale à Avilès, dans les Asturies.
A suivre…
Merci Phil pour ce récit captivant, détaillé et ludique !
Tu racontes avec aisance et les images défilent clairement...Malheureusement je ne serai plus là pour lire la suite mais je me rattraperai en rentrant. Bonne route Phil sois prudent et continue de bien traiter ta machine qui te portera loin.
La bise à toi.
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Une petite vie de concessionnaire URAL en Auvergne.
Est-Motorcycles : affineurs d'Urals et pourvoyeur d'aventure. Inventeur.
La dictature, fut-elle "sanitaire", n'en est pas moins une dictature de plus.
A 71 ans, je dois présenter à tout flic qui m'interpelle comme un chien un mot lui présentant mon heure de sortie. Au secours !

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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par pvdm100358 » 28 juil. 2018, 23:24

Heu...c'est Pierre, mais c'est pas important; merci de me lire et de m'encourager dans mes premiers km de voyages en Ural!

Bon et beau voyage à toi!

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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par Est-Motorcycles » 29 juil. 2018, 08:58

pvdm100358 a écrit :
28 juil. 2018, 23:24
Heu...c'est Pierre, mais c'est pas important; merci de me lire et de m'encourager dans mes premiers km de voyages en Ural!

Bon et beau voyage à toi!
Pardon : c'est l'ivresse du Cezallier...Yey Pierrot ! :wink:
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A 71 ans, je dois présenter à tout flic qui m'interpelle comme un chien un mot lui présentant mon heure de sortie. Au secours !

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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par gecko » 29 juil. 2018, 10:19

merci PVDM.....

astuce pour le pilote, un chéche mouillé, plusieurs tours autour du cou et les "deux bras " restant sur le torse
c est un régal , a reproduire sitôt qu il est sec....

même principe pour l eau ,une enveloppe mouillé ...et c est de l eau fraiche a l arrivée,juste faire gaffe que ca n est pas sécher trop longtemp avant l arrét :roll:

astuce 2 : le noeud "tête de turc"
Image
Image
permet d éviter que le chéche décide de "prendre l air" (le faire assez serré pour avoir une bonne friction sur le tissu)

Ural 6½ et ¾ L ♀ Thørep "Черная овца"
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Урал, отличный генератор положительных эмоций!
...Custodes...

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Voyage part 2

Message par pvdm100358 » 29 juil. 2018, 15:21

ne amie rencontrée il y a … 16 ans en Afrique ; je crois qu’elle doute que je viendrai la saluer.
Vers 18h30’, je suis là et en arrivant dans sa rue, je tombe dessus ; elle revient des courses avec son gamin de 10 ans et n’en revient pas de se trouver nez à nez avec moi qu’elle n’a plus vu depuis si longtemps.
Dîner, on se raconte les dix dernières années, son mari décédé l’année précédente, mes affaires dans son pays, la RDC ; les poulpes étaient excellents, c’est une spécialité du coin.
Nuit dans un hôtel… anonyme et sans intérêt, mais avec un garage.
Le 21, cap sur…le cap Finisterre ; le point le plus à l’ouest de notre continent. Je rentrerai en Galice.
Niveau d’huile : je rajoute 150 cc. Mon GPS ballotte de plus en plus ; je soupçonne mon tableau de bord maison, sur lequel il est fixé, en alu épais quand même de 3 mm, de n’avoir que modérément apprécié les nombreux soubresauts des routes parcourues. Un bref examen confirme qu’il se découpe autour de la fixation ; shitt ! Je soulage l’assemblage en fixant un sandow autour du pare-brise et qui vient soulever le GPS. Ce bricolage tiendra jusqu’à mon arrivée à Mijas !
Le temps est maussade, brumeux, avec un léger crachin ; une température de 20° en partant, qui m’invite à enfiler une veste et un pantalon Gore-tex. Cet équipement est prévu pour l’enduro, mais convient fort bien à la pratique du side ; léger, coupe-vent, imperméable et respirant. Pas de protection dos/épaules/coudes/hanches, mais ce n’est pas vraiment important pour le side.
Les paysages changent, l’architecture aussi ; il y a comme un air d’Ecosse, climat compris.
Vallonné, très vert, les clochers sont maintenant peints, la brume est persistante et m’accompagnera jusqu’au bout, ou presque.
Vers midi, je tourne la clé de contact devant un café-restau qui sert un menu trois plats ; super !
Quand je demande « la cuenta », j’y trouve le chiffre de 9€ !!? En regardant de plus près, il a oublié le verre de vin, la bouteille d’eau et le café solo ; pfu ! accompagné d’un geste de la main, sera sa réponse. Il ne veut pas retourner à sa caisse. Bon… .
La brume, toujours la brume ; 22° ; petites routes charmantes et pas trop encombrées. Le menu de la route reste le même.
Depuis le matin, le long de la route s’orne de coquillages bleus, de marcheurs, de cyclistes bien chargés. Les « pèlerins » sont légions.
A 10 km du but…le voile se déchire et c’est le plein soleil sur ciel bleu qui revient ; la température prend 10° d’un seul coup.
Il y a du monde, mais pas trop et je pousse jusqu’à l’extrême pointe ; le phare, imposant et puis l’immensité de l’océan.
Le bleu intense de l’eau se dégrade en scintillant vers l’argent pure, difficile à regarder sans lunettes de soleil. L’on perçoit bien la courbure de notre planète. Le silence de la contemplation s’impose de lui-même. La perception du tout petit – moi – face à l’infini.
Un infini liquide qui attire tant ; mais ça, ce sera peut-être une autre histoire.
Faut trouver un endroit pour loger ; je suis les coquillages bleus et arrive dans une auberge pour pèlerins… ce que je ne suis pas.
Qu’à cela ne tienne, une brève discussion en anglais me donne accès à une chambre pour huit avec sdb pour dix euros. Nous n’y sommes qu’à trois et s’il n’y pas de ronfleur impénitent dans le lot, cela devrait bien le faire.
Petit plat de sardines grillées, salade mixte, une cervezza ; je lis « Les routes de la Soie » jusque tard dans ce petit restau.
La nuit est réparatrice ; au matin, chacun se démerde avec ce qu’il a acheté pour petit-déj. Je n’ai rien acheté la veille.
Je me contenterai de discuter avec mon voisin de chambre, un allemand de 40 ans, vrai de vrai pèlerin, lui.
Il se rend au Portugal, venant de St Jacques et de Lourde – un vrai de vrai, je vous dis ! – au site de Fatima (re!) et m’invite à écrire dans un carnet déjà bien rempli par d’autres rencontres, un paragraphe qu’il présentera dans ses prières à Fatima.
J’ai beaucoup de respect ; je ne suis pas membre de quelque église que ce soit, je suis un farouche pourfendeur des nombreux meurtres, guerres perpétrés au nom d’un « dieu », de la manipulation des peuples qui « doivent accepter de souffrir ici-bas pour être si heureux dans l’au-delà », mais j’ai du respect pour ceux qui croient.
Je veux qu’il sache à qui il a affaire et lui explique mon cheminement en anglais ; très ouvert, il comprend, me raconte le sien. La maladie qui le condamne très jeune, pas de soins allopathiques adaptés, il ne lui reste que la prière et…. Cela fait dix ans qu’il marche de lieu saint en lieu saint, intercédant pour lui et les autres souffrants rencontrés.
Bon. Respect. Et je lui confie dix lignes dans son carnet, sincères.
Il soigne ses jambes, ses pieds avec grand sérieux ; je charge mon destrier, pas d’huile à rajouter – il a fait moins chaud la veille - et chacun reprend sa route. Vers le Portugal.
On est le 22 juillet.
A suivre….

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Voyage part 2

Message par pvdm100358 » 29 juil. 2018, 15:26

A suivre…
Le 20, debout à 06h30’, douche, petit-déj tout seul en maître de maison, je re-charge le side et en route à 08h. Le soleil est bien là, encore ras sur l’horizon, ses rayons dardent entre les maisons, les arbres – trop rares les arbres … - la journée s’annonce lumineuse et chaude !
Comme en Italie, les « départementales » sont souvent en très mauvais état ; ça cogne dur dans les suspensions, faut pas dépasser les 70 km/h.
Le paysage est campagnard, agricole, légèrement vallonné ; tout incite à la ballade relax. Je savoure ce calme, cette solitude.
Sos Del Rey Catolico -> Tiermas -> Eslava -> Olite.
Arrêt réhydratation/pipi – il y a quelque chose d’incohérent, je sais ; ou, selon un point de vue plus hédoniste, éliminer pour avoir le besoin de re-boire !, de très bien fait – les badauds photographient de préférence la machine seule, l’un(e) ou l’autre s’essaye à la discute ; cette machine est un attaché de presse sans égal !
Je poursuis par une nationale roulante, certes, mais sans intérêt. Je roule à la vitesse ébouriffante de 90-100 km/h. Faut se méfier des virages à droite en descente…je me suis fait une petite suée face à une BMW 735i!
La récompense arrive…
Grandiose défilé de Los Beyos !! 30 km de virages le long du Rio Sella qui y serpente, surplombés de dizaines de mètres de roches. (j’ai des photos)
C’est vraiment le pied ! C’est beau, impressionnant, à l’ombre (!!), rafraîchi par la rivière, quelques cascades irisent dans la lumière, emplissent les oreilles un cours moment.
Je ne sais, et à vrai dire je m’en fous, si l’on doit ces sites à un créateur ou au hasard du temps et des climats, mais je bénis le « ciel » pour ces moments de – oui, osons le mot – bonheur.
Re-arrêt, mais cette fois davantage pour bien profiter du lieu que je vais quitter.
A refaire en ST !
Il me reste 200 bons km jusqu’à Avilès selon mon GPS et ce sera une suite de nationales ; j’y rejoins une amie rencontrée il y a … 16 ans en Afrique ; je crois qu’elle doute que je viendrai la saluer.
Vers 18h30’, je suis là et en arrivant dans sa rue, je tombe dessus ; elle revient des courses avec son gamin de 10 ans et n’en revient pas de se trouver nez à nez avec moi qu’elle n’a plus vu depuis si longtemps.
Dîner, on se raconte les dix dernières années, son mari décédé l’année précédente, mes affaires dans son pays, la RDC ; les poulpes étaient excellents, c’est une spécialité du coin.
Nuit dans un hôtel… anonyme et sans intérêt, mais avec un garage.
Le 21, cap sur…le cap Finisterre ; le point le plus à l’ouest de notre continent. Je rentrerai en Galice.
Niveau d’huile : je rajoute 150 cc. Mon GPS ballotte de plus en plus ; je soupçonne mon tableau de bord maison, sur lequel il est fixé, en alu épais quand même de 3 mm, de n’avoir que modérément apprécié les nombreux soubresauts des routes parcourues. Un bref examen confirme qu’il se découpe autour de la fixation ; shitt ! Je soulage l’assemblage en fixant un sandow autour du pare-brise et qui vient soulever le GPS. Ce bricolage tiendra jusqu’à mon arrivée à Mijas !
Le temps est maussade, brumeux, avec un léger crachin ; une température de 20° en partant, qui m’invite à enfiler une veste et un pantalon Gore-tex. Cet équipement est prévu pour l’enduro, mais convient fort bien à la pratique du side ; léger, coupe-vent, imperméable et respirant. Pas de protection dos/épaules/coudes/hanches, mais ce n’est pas vraiment important pour le side.
Les paysages changent, l’architecture aussi ; il y a comme un air d’Ecosse, climat compris.
Vallonné, très vert, les clochers sont maintenant peints, la brume est persistante et m’accompagnera jusqu’au bout, ou presque.
Vers midi, je tourne la clé de contact devant un café-restau qui sert un menu trois plats ; super !
Quand je demande « la cuenta », j’y trouve le chiffre de 9€ !!? En regardant de plus près, il a oublié le verre de vin, la bouteille d’eau et le café solo ; pfu ! accompagné d’un geste de la main, sera sa réponse. Il ne veut pas retourner à sa caisse. Bon… .
La brume, toujours la brume ; 22° ; petites routes charmantes et pas trop encombrées. Le menu de la route reste le même.
Depuis le matin, le long de la route s’orne de coquillages bleus, de marcheurs, de cyclistes bien chargés. Les « pèlerins » sont légions.
A 10 km du but…le voile se déchire et c’est le plein soleil sur ciel bleu qui revient ; la température prend 10° d’un seul coup.
Il y a du monde, mais pas trop et je pousse jusqu’à l’extrême pointe ; le phare, imposant et puis l’immensité de l’océan.
Le bleu intense de l’eau se dégrade en scintillant vers l’argent pure, difficile à regarder sans lunettes de soleil. L’on perçoit bien la courbure de notre planète. Le silence de la contemplation s’impose de lui-même. La perception du tout petit – moi – face à l’infini.
Un infini liquide qui attire tant ; mais ça, ce sera peut-être une autre histoire.
Faut trouver un endroit pour loger ; je suis les coquillages bleus et arrive dans une auberge pour pèlerins… ce que je ne suis pas.
Qu’à cela ne tienne, une brève discussion en anglais me donne accès à une chambre pour huit avec sdb pour dix euros. Nous n’y sommes qu’à trois et s’il n’y pas de ronfleur impénitent dans le lot, cela devrait bien le faire.
Petit plat de sardines grillées, salade mixte, une cervezza ; je lis « Les routes de la Soie » jusque tard dans ce petit restau.
La nuit est réparatrice ; au matin, chacun se démerde avec ce qu’il a acheté pour petit-déj. Je n’ai rien acheté la veille.
Je me contenterai de discuter avec mon voisin de chambre, un allemand de 40 ans, vrai de vrai pèlerin, lui.
Il se rend au Portugal, venant de St Jacques et de Lourde – un vrai de vrai, je vous dis ! – au site de Fatima (re!) et m’invite à écrire dans un carnet déjà bien rempli par d’autres rencontres, un paragraphe qu’il présentera dans ses prières à Fatima.
J’ai beaucoup de respect ; je ne suis pas membre de quelque église que ce soit, je suis un farouche pourfendeur des nombreux meurtres, guerres perpétrés au nom d’un « dieu », de la manipulation des peuples qui « doivent accepter de souffrir ici-bas pour être si heureux dans l’au-delà », mais j’ai du respect pour ceux qui croient.
Je veux qu’il sache à qui il a affaire et lui explique mon cheminement en anglais ; très ouvert, il comprend, me raconte le sien. La maladie qui le condamne très jeune, pas de soins allopathiques adaptés, il ne lui reste que la prière et…. Cela fait dix ans qu’il marche de lieu saint en lieu saint, intercédant pour lui et les autres souffrants rencontrés.
Bon. Respect. Et je lui confie dix lignes dans son carnet, sincères.
Il soigne ses jambes, ses pieds avec grand sérieux ; je charge mon destrier, pas d’huile à rajouter – il a fait moins chaud la veille - et chacun reprend sa route. Vers le Portugal.
On est le 22 juillet.
A suivre….

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Cathy
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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par Cathy » 29 juil. 2018, 15:28

Merci Pierre pour ton beau récit, tes aventures sont passionnantes :D

pvdm100358
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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par pvdm100358 » 29 juil. 2018, 15:28

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Message par pvdm100358 » 29 juil. 2018, 15:37

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Message par pvdm100358 » 29 juil. 2018, 15:40

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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par pvdm100358 » 29 juil. 2018, 15:43

Cathy a écrit :
29 juil. 2018, 15:28
Merci Pierre pour ton beau récit, tes aventures sont passionnantes :D
Merci Cathy; je viens de comprendre comment insérer des photos!

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gecko
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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par gecko » 29 juil. 2018, 19:13

Merci Pierre......
un régal....
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Запад едидт с Востоком
Урал, отличный генератор положительных эмоций!
...Custodes...

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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par domi30 » 30 juil. 2018, 09:23

Merci pour le partage
Domi :?
dnepr mt9, citroen ac4 1928 et 1931, motobécane 125 d45b, juva 4 1956
http://dominique.andre.chez-alice.fr/

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Re: pvdm100358 : Présentation d'un nouveau side-cariste

Message par Pitou » 30 juil. 2018, 10:36

Cathy a écrit :
29 juil. 2018, 15:28
Merci Pierre pour ton beau récit, tes aventures sont passionnantes :D
Merci Pierre, :D

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